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Pour survivre au sein de l’industrie musicale, l’artiste doit bien s’entourer.

Et s’il y en a un qui peut justifier en partie le succès (ou l’échec) d’un artiste, c’est sans aucun doute le gérant.

Or, comme il s’agit de l’un des contrats les plus importants qu’un artiste aura à signer au courant de sa carrière : quelques points sont à considérer très fortement.

1. QUE VOUS APPORTE-T-IL?

Quel est son réseau de contacts ? A-t-il des qualités d’entrepreneur et peut-il brillamment vous représenter ? De combien d’artistes s’occupe-t-il ? Quelle est sa réputation ?

Le gérant doit être plus qu’un ami : il est votre représentant et mandataire et doit pouvoir vous conseiller et développer votre carrière.

2. LONGUE OU COURTE DURÉE ?

De façon générale, un contrat de gérance stipulera une durée initiale variant entre 3 et 5 ans, ainsi qu’un nombre déterminé de périodes additionnelles.

Bien que vous ayez un intérêt évident à négocier le minimum, il est important de garder en tête que le gérant n’a rien à gagner à investir et à développer votre carrière pour vous voir la confier à quelqu’un d’autre une fois la sale besogne accomplie.

À titre d’exemples toutefois, rien n’empêche de négocier une période d’essai de 3-6 mois. De négocier une durée variable selon l’accomplissement de certains objectifs. De négocier une durée initiale dont le renouvellement est soumis à une entente de bonne foi entre les parties.

3. LA CLAUSE SUNSET

Comme l’indique cette grande métaphore juridique, le gérant continuera-t-il de percevoir sa commission après la fin du contrat – malgré le coucher du soleil ?

Une attention toute particulière doit être portée à la rédaction de cette clause qui peut occasionner autant d’amertume que d’ennui, lorsque vous aurez notamment à payer une commission à votre ancien ainsi qu’à votre nouveau gérant pour un même revenu.

S’il est impossible de retirer une telle clause de l’entente, une commission dégressive pendant une durée déterminée devrait minimalement être négociée.

4. COMMISSION

Typiquement, la commission d’un gérant varie entre 15 et 25 % des revenus bruts (avant déduction des dépenses) – la commission de 25 % devant évidemment être justifiée par une expérience et un pouvoir de négociation substantiel.

5. REVENUS NON-COMMISSIONNABLES

Tout est négociable, pour autant que cela soit justifié et raisonnable. Ainsi, il est possible (et fortement conseillé) de cibler quels sont les revenus sur lesquels le gérant n’appliquera pas sa commission, incluant (à titre d’exemple) :

(i) les droits d’exécution publique (SOCAN), (ii) les droits voisins à titre d’artiste-interprète ou de producteur, (iii) les avances servant à la production d’un vidéoclip ou d’un album ou à titre d’aide à la tournée (iv) toute somme inférieure à X $ découlant d’une performance sur scène, (v) toute somme découlant d’une activité artistique précise (mannequinat, animation radio, etc. ), (vi) toute somme découlant d’un contrat négocié avant l’arrivée du gérant, ETC.

Encore une fois, il s’agit d’exemples : un gérant qui demande une commission sur les droits d’exécution publique n’est pas un bandit. Je vous recommande cependant de discuter de ces questions, puisqu’elles seront au cœur de votre relation !

6. AGENT DE SPECTACLES // GÉRANT

Payer 20 % au booker et 20 % au gérant – pour un total de 40 % – pour une même prestation scénique peut occasionner certaines frustrations et de nombreuses remises en question.

Par conséquent, peut-être pourrait-il être intéressant de proposer au gérant que la commission combinée de l’agent de spectacles et du gérant ne pourra excéder 30-35 %, et que la commission du gérant baissera de façon proportionnelle à l’augmentation de celle du booker. Après tout, l’une de ses fonctions sera de négocier cette commission de l’agent de spectacles !

7. JE VEUX CE GÉRANT ET PERSONNE D’AUTRE !

Comme le contrat de gérance en est un très personnel, ni l’une ni l’autre des parties ne devrait pouvoir en céder les obligations à une tierce partie. Autrement dit, le gérant ne devrait pas pouvoir céder ses obligations à un autre gérant !

En effet, le choix du gérant est intrinsèquement lié à sa personne : portez une attention particulière au libellé du contrat afin d’éviter de vous retrouver géré par un parfait inconnu après quelques années !

8. CONFLIT D’INTÉRÊT

La transparence est primordiale : le gérant possède-t-il d’autres intérêts impliquant l’artiste ? Par exemple, possède-t-il aussi une maison d’édition musicale ? Commissionne-t-il sur les revenus générés par sa propre maison d’édition musicale – effectue-t-il ce que l’on appelle communément du double dipping ?

Ne laissez rien au hasard et évitez à tout prix toute ambiguïté !

9. ARTISTES VISÉS

Vous faites partie d’un groupe ? Le contrat s’applique-t-il à chacun des membres, peu importe leur fonction et sans égard au projet musical ? Il y a tout intérêt à clarifier la portée juridique du contrat ainsi qu’à établir qui sont les parties concernées et dans quel contexte.

10. LA CLÉ : LA COMMUNICATION

La non-atteinte des objectifs peut provoquer un certain degré de stress, l’argent est le nerf de la guerre et les émotions font partie intégrante d’une carrière artistique.

Il est donc primordial de développer des méthodes de communications efficaces et d’apprendre à discuter de tout, sans tabou. Nombreux sont les conflits qui peuvent se régler avec une discussion saine et un peu de bonne volonté : la communication est la clé !

— Voici une base pour entamer vos négociations : n’hésitez pas à communiquer avec moi pour entrer plus en détail dans votre entente et/ou simplement pour en savoir un peu plus !

 

Crédit photo : Ana Grave via Unsplash

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